PRESENTATION du MAITRE
Descendant d'une lignée de très grands Calligraphes : son arrière grand-père était Calligraphe officiel de l'avant-dernier empereur GUANG XU.
Initié à la Calligraphie dès l'âge de 5 ans, il obtient, à 9 ans, le 1er Prix de Calligraphie des jeunes Calligraphes de la province du Sichuan.
Fondateur de la Calligraphie Libre Chinoise.
Fait partie des huit Calligraphes Chinois diplômés, vivant et travaillant
en Europe.
Elu en 2004 « le plus charmant Maître de Calligraphie Chinoise en Europe » par
les lectrices du journal Marie-Claire.
SUN SHANSHAN
SUN Shanshan, fondateur de la « Calligraphie Libre », naquit le 5 juillet 1968 en Chine. Il commença la calligraphie à l'âge de 5 ans, suivant le souhait de son père, Xianliao, lui-même maître calligraphe, qui désirait que son fils suive ses traces. A 8 ans, Shanshan obtient le 1er prix de calligraphie du Sichuan, dans la catégorie Junior.
Pour ses 11 ans, sa mère lui offre un coffret de peinture à l'huile et c'est pour lui un souvenir impérissable. Il est alors très attiré par la peinture occidentale; Delacroix et Vincent Van Gogh font partie de son univers passionnel. Grâce à Chen Yifei, un ami peintre renommé, il est recommandé auprès du talentueux He Duoling (connu internationalement), avec qui il travaille durant cinq années, tout en continuant la calligraphie. Plus tard, il découvre avec admiration la peinture des impressionnistes français et les poèmes de Rimbaud, Baudelaire et Verlaine.
Lorsqu'il atteint ses 17 ans, il rencontre Maître Deng DaiKun, le fameux calligraphe qui dirige l'institut de Calligraphie de Chengdu, puis, à 20 ans, il écrit une thèse sur le grand poète et calligraphe de la dynastie Tang (618-907), Li He.
C'est en 1992 que Shanshan s'installe en France, avec le souhait d'écrit une thèse sur la mélancolie de la poésie de Charles Baudelaire. C'est pour lui la croisée des deux cultures chinoise et française. En 1996, il tient une conférence à la Sorbonne sur la calligraphie chinoise libre. Selon la tradition chinoise, la calligraphie est l'art de bien écrire les caractères. Pour Shanshan, cette définition est trop restrictive et il s'affirme dans ce nouveau mode artistique qu'est pour lui la Calligraphie Libre. A mi-chemin entre calligraphie et peinture, elle est faite de souffle, d'esprit, de force et d'inspiration ; c'est en quelque sorte « de la calligraphie sans caractères ».
Arrivé à Montpellier en 1997, Shanshan crée et dirige l'antenne française de l'Institut de Calligraphie chinoise de Chengdu. En 2002, il rencontre le calligraphe de renommée internationale Zen Leide. Considéré comme un précurseur, celui-ci participe à un happening extraordinaire en Grande-Bretagne : en même temps que l'orchestre national britannique joue, Zen Leide trace ses traits au sol avec un immense pinceau et le son qu'il produit est capté par des centaines de micros et ainsi intégré à l'orchestre. Zen Leide félicite Maître Sun Shanshan pour sa dynamique avant-gardiste et lui propose d'exposer ses oeuvres de Calligraphie Libre à Pékin, ce qu'il fait un an plus tard, au Musée des Beaux Arts. Cela fait l'effet d'une bombe dans le milieu artistique chinois. Deng DaiKun lui glisse qu'il est à présent plus un révolutionnaire qu'un calligraphe.
Depuis, Sun Shanshan enchaîne les expositions. FR 3 lui consacre un reportage. Il publie des ouvrages raffinés, parfois en collaboration avec d'autres artistes.
Béatrix BRESSET
SPECIALITES du MAITRE
- Sa boutique-atelier, entièrement spécialisée dans la Calligraphie Chinoise, est la seule en son genre en Europe.
- Seul Calligraphe Chinois qui personnalise de façon originale vos nom et prénom selon votre date de naissance.
- Propose d'exceptionnels modèles de tatouage à partir des idéogrammes classiques et des grands emblèmes chinois.
- Réalise une représentation soignée des douze signes du zodiaque chinois et du zodiaque occidental.
Publications
Calligraphies
2000 Illustration du livre « Où va la Chine ? », de Jean-Jacques GANDINI, éditions du Félin
2002 Illustration du recueil de poèmes de Jean-Marie de Crozals
« L'Or de l'Air », éditions Cadex
Publications
2003 « L'encre-Phoenix », ouvrage écrit avec Anne-Marie Jeanjean,
éditions de l'Harmattan
2004 « L'os et l'esclave », ouvrage écrit avec Anne-Marie Jeanjean,
éditions de l'Harmattan (suite de « L'encre-Phoenix »)
2007 « Poèmes de Prison », de Liao Yiwu, traduit du chinois en français par Shanshan SUN
et Anne-Marie JEANJEAN, éditions de L'Harmattan
2008 « Le cheval de Mingdao », ouvrage écrit avec Anne-Marie JEANJEAN,
éditions Domens (suite de « L'os et l'esclave »)
Expositions Récentes:
DRAGON DANSANT
Trait unique de Shanshan SUN
Exposition du 1 décembre 2010 au 1 février 2011
à L'institut de calligraphie et peinture chinoises de Chengdu en France
35 rue de la Valfère
34000 Montpellier
04 67 66 77 46
Texte d'Isabelle VOÏTA
Impressions automnales 2010
Arrivant devant les tableaux de Shanshan SUN, une force soudaine et souterraine me saisit à laquelle rien en moi n'aurait pi s'opposer.
Me laissant sereinement envahir, chaque tracé semblait alors conquérir indéfiniment une profondeur intérieure, dans une correspondance vive et délicate.
Selon un lien tacite, et au-delà du tracé sombre et éclatant, l'Encre et moi entrions en dialogue où les mots n'ont plus cours.
Subtil, élégant.
Isabelle VOÏTA
Voici la traduction du texte de Deng Dainkun.
Shanshan, Pauline et moi
En guise de préface de l'exposition de Pauline SUN.
DENG Daikun
Comme d'habitude, je m'assieds devant l'ordinateur, mon premier geste est d'ouvrir ma messagerie afin de voir s'il n'y a pas quelques nouvelles venant de loin. Soudain, je lis ''Exposition de Pauline'', ce titre remplit mes yeux, Shan et Pauline m'ont écrit une lettre. Je découvre une dizaine de calligraphies du style YAN joint à ce message, dans lesquelles Pauline a mis toute sa force. Soigneusement, je les regarde pendant plus d'une heure. Je sens une limpidité et un goût particulier qui me touchent gravement. J'apprends que Pauline aura une exposition au mois de novembre. Dans le message, Shan me dit qu'inévitablement, c'est à moi qu'il demande d'écrire quelques mots sur les oeuvres de Pauline, puisque je suis leur maître. Face à une telle sincérité, je ne peux refuser, au contraire c'est une fierté.
Nous, les chinois attachons beaucoup d'importance aux mots ''affinité prédestinée''. Une affinité qui existera que l'on traverse une rivière sur le même bateau ou que l'on se croise juste dans la rue. J'ai rencontré Pauline grâce à Shan. Pour moi c'était l'occasion de voir comment la calligraphie peut être sublimée par une étrangère. Lorsque Shan vivait en Chine, il était déjà connu comme poète, même si on dit que la calligraphie et la poésie sont inséparables, j'ai été surpris, qu'une fois arrivé en France, il mette toute son énergie dans la calligraphie chinoise. J'ai finalement compris qu'il ne l'avait jamais oubliée. Il y a quinze ans, j'ai reçu sa première lettre de Paris: ''Ne t'inquiète pas, je ne peux pas m'éloigner de la calligraphie puisque pour moi la France même est une magnifique et rare calligraphie...''
Shan n'est pas à coté de nous, mais il est toujours là. C'est lui qui a traduit et publié en France le recueil de poésie ''Adieu vingtième siècle'', de Sun Jingxuan (concidéré comme le plus grand poète chinois contemporain luttant pour la liberté et les droits de l'homme). Ce geste nous a vraiment impressionné, cela faisait longtemps que beaucoup de personnes avaient eu cette idée mais qu'aucune n'aivait jamais osé...En plus de cela, Shan a mis à nu la CALLIGRAPHIE LIBRE. Dans une autre de ses lettres, il m'a écrit: ''Ici, je peux tout faire, viens voir ce poisson vif et joyeux qui nage dans une mer libre, Paris est ma vrai calligraphie...''
L'été 2004, lors du vernissage de l'exposition de mon élève Tan Pozhong, je reçus un coup de téléphone de Shan me disant qu'il était impatient de me voir. Je lui ai donc donné rendez-vous au musée culturel du Sichuan où se déroulait l'exposition. Shan n'avait absolument pas changé, outre ses cheveux ondulés qui aivaient poussés, il paraissait toujours aussi maigre mais fort et clair, il avait toujours cette vivacité cachée dans le regard. Sans même qu'il n'ai besoin de parler on devinait sa sensibilité. À peine était-il arrivé qu'il me demandait: ''Pourquoi ce n'est pas toi qui exposes? Tu sais mon rêve est de t'accrocher directement sur le mur du musée du Louvre, en voyant tes deux sourcils épais, les gens comprendront ce qu'est la calligraphie chinoise.'' Je répondais sans réfléchir: ''C'est vrai mon visage est sauvage et brutal... En pensant à ce compliment qu'il venait de prononcer, je me mis soudainement à rire sans retenu. Ce qui attira sur nous tous les regards. À ce moment là, tout le monde crut que c'était Shan qui exposait. Je dis: ''Moi je t'accroche maintenant sur le mur.'' Le midi nous étions tous invités au restaurant, autour de la table ronde il n'y avait que des grosses têtes, Wen Huaisha, 96 ans, un grand chercheur en littérature chinoise, Zeng Laide, un de mes collègues, connu internationnalement... En mangeant, Shan parlait du voyage de la calligraphie chinoise en France, c'était excellent, nous avions l'impression d'y être. Après le repas je les invitai tous à aller dans la maison de thé d'un ami. Nous discutions beaucoup et avions donc décidé de poursuivre au restaurant puis dans une autre maison de thé juste à côté de la rivière Fulan...
Chaque année Shan revient en Chine et passe obligatoirement me voir. Un jour de Juillet 2006, il me téléphona de l'aéroport, avant de reprendre l'avion pour la France. Avec plein de regrets il dit:
''Je voudrais organiser ton exposition en France, peins ce que tu veux mais n'oublie pas de faire quelques corbeaux comme j'aime.''
L'année d'après, heureusement je n'avais pas oublié de préparer cette exposition. Il arriva devant mon atelier toujours avec ses longs cheveux ,comme une cascade noire. Il avait l'air fatigué et avait le teint pâle, cela montrait quelques vécus mysterieux. Derrière lui, une étrangère, c'était Pauline avec sa taille gracieuse et son air aimable. Bizareement je sentais qu'elle avait une attitude et une beauté typiquement orientales. Shan dit simplement: ''Pauline, ma femme''. Nous nous asseyions et après quelques échanges, j'appris qu'elle aimait l'art asiatique et surtout la calligraphie chinoise, qu'elle était en train d'apprendre avec Shan et qu'elle abandonnait l'école des beaux arts. Je leur préparai le meilleur thé (mao feng), avant même qu'il n'ai eu le temps d'infuser, Shan me demanda: ''Montre lui le régulier...'' Parmi tous mes collègues, personne ne m'a jamais demandé cela. Il n'avait pas changé, il était toujours aussi brutal et direct, mais c'est peut-être pour cela que je l'ai choisi comme meilleure diciple. Pendant que je calligraphiais, je sentais les regards de Pauline curieux et attentifs. Quelle sensibilité et compréhention peut avoir une étrangère face à ce vieil art chinois. Après ma démonstration elle prit son pinceau, un point, un horizontal, une courbe à gauche puis une autre à droite... Bien que ses gestes paraissaient un peu gauches, une beauté fraîche était en train de couler sur le papier de riz. Cette audace naturelle est la qualité, la plus importante chez un artiste. C'est le moteur qui mène un calligraphe sur la route de la réussite. Je ne pus m'empêcher de l'admirer et de répéter: ''Bonne pousse!'', impossible de cacher ma surprise et mes compliments. Je me précipitai de les inviter à me suivre à la célèbre galerie Shu Han. Puis je téléphonai à Sun Youjun maître en bambou et au frère de Shan pour leur demander de nous rejoindre.
Le maître de la galerie monsieur Guo nous accueillit très gentiment en disant qu'il n'avais j'amais vu une aussi jeune artiste blonde au yeux bleus. En entendant sa phrase je me rendis compte que c'était une occidentale typique! Au milieu de nombreuses peintures célèbres, monsieur Guo nous proposa de faire une peinture collective. Sans réfléchir et sans éprouver de gêne, Pauline pris le pinceau. Elle avait l'air d'une grande artiste... Cette fois elle faisait des bambous, en quelques secondes, quelques tiges denses ou clairsemées. Elles étaient comme elle, gracieuses et se progettaient de façon évidente sur le papier de riz. Ce fut notre tour à bambou Sun et à moi, nous hésitions à ajouter quelque chose. Je pensais à un proverbe chinois: ''Un petit veau n'a pas peur des tigres...'' On voyait par sa manière de tracer, la force du trait... Finalement bambou Sun ajouta quelques feuilles et moi un rocher accompagné d'une calligraphie, retraçant ce moment où l'esprit occidental et oriental se rencontrent. Monsieur Guo aimait beaucoup cette oeuvre qu'il considérait comme une merveille et un souvenir rare. Il décida de l'accrocher à une place très importante dans sa galerie.
Suite à cette rencontre Shan et Pauline m'ont écrit de temps en temps des e-mail qui sont accompagnés de photos de calligraphie du style YAN de Pauline. Chaque fois c'est une nouvelle suprise, je passe toujours beaucoup de temps à étudier ses exercices et donner mes encouragements et critiques. Cet enseignement à distance qui a commencé il y a deux ans est très efficace. Cette réussite a beaucoup touché Shan qui m'a écrit dans une de ses lettres: ''Avant que Pauline ne te connaisse, elle avait déjà suivi un an de cours avec moi, mais grâce à ton enseignement, son esprit s'est éveillé à la calligraphie chinoise''.
Ils me considèrent comme leur maître de l'ombre, c'est vrai...
Le talent de Pauline est évident mais elle a beaucoup travaillé et est passée par de rudes épreuves avant de comprendre le style YAN. Cela fait un an qu'elle travaille deux heures environ deux cents grands caractères par jour, du lundi au samedi, sans s'arrêter. Si elle n'était pas passionnée, elle ne serait pas là. Pauline a sa propre interprétation et comprehention pour la calligraphie de YAN. Ce sentiment personnel qui passe par son pinceau est clairement visible. Je crois même que c'est une nouvelle piste à explorer et éclairer dans le style YAN.
Une fois j'ai dit à Pauline: ''Regarde ta calligraphie, je suis vraiment surpris que tu comprennes ce style avec ton propre sentiment et même si tes traits, par rapport au modèle sont moins vigoureux, tu as la vivacité et la grâce...''
Elle a trouvé une nouvelle direction, pourra-t-elle atteindre la rive opposée...
Je suis persuadé que sur sa route elle aura des ennuis et qu'elle vivra des défaites, quant à moi je n'ai que trois mots à lui dire: ''Réfléchis, percévère et applique-toi''.
Je souhaite la réussite de la première exposition de calligraphie chinoise de Pauline.
À Chengdu
Le 8 octobre 2008
MAMO
Le DAO de Shanshan
Shanshan est un calligraphe chinois taoïste,depuis l'âge de 13 ans,il étudiait les entretiens et les textes de ses ancêtres Laozi,Zhuangzi et Liezi.Il est la personne la seule personne dans ce monde qui continue à tracer à rechercher à construire à approfondir sur cette Voie unique.Le Dao s'est installé en France!On l'appelle Shanzi.
La calligraphie chinoise est un grand Dao,Shanshan est non seulement le fondateur de la calligraphie libre mais aussi la première personne qui nous a expliqué systématiquement synthétiquement le lien entre le Dao et la calligraphie chinoise.Ses propres textes MAMO(jade muet), les 100 entretiens avec ses élèves seront publiés...
Laozi est sous l'eau,Zhuangzi est en l'air,Liezi est au vent! Et moi, je suis dans le nuage... Shanzi dit... la seule chose qu'il ne touche … C'est la terre TERRE taire jade muet...
Marc MARTIN
La calligraphie chinoise
en tant que pratique d'un art énergétique chinois.
La calligraphie chinoise est en soi un art énergétique au même titre que le Taijiquan ou le Qigong. L'importance de l'attitude corporelle, la concentration sur la respiration et la recherche d'harmonie et d'équilibre font partie intégrante de cet art. Le pratiquant y trouve nature llement un moyen privilégié d'expression de sa sensibilité et de sa créativité. Le travail sur l'horizontalité et la verticalité ainsi que sur les proportions et le rapport à l'espace permet au pratiquant de mieux se replacer dans l'espace, la feuille de papier sur laquelle il s'exerce devenant alors pour lui une représentation en miniature de l'univers.
L'art d'écrire des caractères chinois à l'aide d'un pinceau et de l' e ncre de Chine sur de multiples supports tels le papier, le bois, la pier re et ce suivant des règles précises correspond à l'étymologie des mots utilisés en chinois pour « calligraphie chinoise ».
Cet art demande un apprentissage du maniement du pinceau, une maîtrise du geste dans le tracé des caractères, un travail sur les proportions et l'équilibre ainsi qu'une recherche d'harmonie entre force et délicatesse.
Correctement pratiquée, la calligraphie chinoise apporte calme et sérénité, équilibre intérieure et force. Elle développe la créativité artistique et l'expression de sa sensibilité par le tracé de caractères chinois et se rapproche ainsi d'une pratique picturale.
Pratiquée en Chine par les grands comme par les petits, elle peut s'inscrire dans une pratique artistique et de sensibilisation à une autre culture aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
La pratique de la calligraphie est associé dans l'esprit chinois au calme, à la concentration ainsi qu'à l'expression de ce qu'il y a de plus beau et de plus raffiné dans une personnalité humaine.
Pour être pratiquée au mieux, il est demandé d'apprendre un certain nombre de caractères que l'on peut alors écrire spontanément au cours des ateliers de calligraphie. Cet apprentissage est un moment propice à la découverte d'une langue millénaire qui a évolué en passant par une
représentation picturale des choses à ses débuts (les pictogrammes) à une représentation d'idée ou de concept (les idéogrammes) puis à l'élaboration de caractères comportant une partie phonétique (les phonogrammes). L'ensemble de ces caractères que l'on appelle les sinogrammes sont ceux qui composent l'écriture chinoise et auxquels l'apprenti calligraphe s'initie progressivement.
ZENG laide
La Calligraphie chinoise
La calligraphie chinoise est un art de bien écrire les caractères chinois,elle se singularise par originalité et richesse de l'écriture chinoise. La calligraphie chinoise permet donc un champ d'expression très large.
La calligraphie chinoise la plus connue est celle pratiquée avec un pinceau. Dans les temps anciens, les caractères chinois étaient gravés sur des carapaces de tortues ou des os de boeufs, puis sur des bronzes, des stèles. Ensuite on fit des livres avec des lattes de bambous reliés. On utilisait certainement une plume de bambou et du noir de fumée pour écrire.
La calligraphie au pinceau se pratique sur du papier de riz ou sur de la soie. Le matériel d'un calligraphe s'appelle les quatre trésors du cabinet du lettré. Il s'agit du pinceau, du papier, de l'encre et pierre à encre. L'encre se présente sous forme de bâtonné que l'on frotte sur la pierre à encre avec l'eau pour obtenir une encre fluide. Aujourd'hui l'encre se trouve en bouteille, mais cette dernière méthode ne permet pas d'avoir toutes les densités voulues.
Une bonne calligraphie était traditionnellement le reflet du niveau de culture d'un lettré. Un empereur devait être un bon calligraphe et les concours impérieux pour devenir fonctionnaire mettaient plus l'accent sur la calligraphie du candidat que sur le contenue de la copie!
Pour apprendre la calligraphie chinoise, il est préférable de connaître les bases de l'écriture chinoise. On commence par étudier les traits fondamentaux, puis à tracer des caractères dans le style régulier. Ensuite on apprend le style courant,enfin le style de l'herbe très cursif. Les chinois disent que le style régulier c'est comme se tenir debout, le style courant c'est comme marcher et le style cursif comme courir. Mais du style régulier au style cursif, on sera toujours sur la route, on avance on avance encore...Comme Maître Shanshan dit souvent: la calligraphie chinoise est une impossibilité possible,est un puits sans fond,est une danse au sommet d'une aiguille!
Lée XQ
Tout à la fois représentation du monde, discipline individuelle, expression de l'âme collective, transmission des valeurs morales et esthétiques, support des lois et des actes tant politiques que privés, la calligraphie chinoise, plus qu'une technique, est un univers, un microcosme dont Yolaine Escande nous livre ici quelques clés.
Une discipline d'écriture
Ce que nous traduisons généralement par commodité « calligraphie », shufa en chinois (prononcer « choufa »), signifie précisément « méthode d'écriture », « système d'écriture » ou encore et surtout « discipline d'écriture ». Cette expression ne désigne en aucun cas le fait d'« écrire de façon belle ». Contrairement à la calligraphie de toutes les civilisations qui crée des formes particulières, décoratives et ornées, et qui s'éloigne de l'écriture vulgaire, la discipline chinoise d'écriture traditionnelle est fondée sur le développement des qualités esthétiques et formelles de l'écriture de tous les jours - missives, actes officiels, documents administratifs, ordonnances… Une « discipline » entend un travail sur soi, une maîtrise de soi - fa signifie en effet « norme » ou « loi », shu « écrire, écriture, livre » ; une méthode implique une façon de se comporter et une modélisation. Ce que nous appelons « calligraphie chinoise » est donc en premier lieu aux yeux des Chinois un art qui sert à former et à développer la personnalité de chacun. Apparu au début de notre ère, il est considéré comme le plus accompli et le plus noble. Il est pratiqué par des lettrés, dont la première tâche est l'administration de l'empire, établie sur la maîtrise de l'écriture, et la transmission de valeurs morales. Cet art, qui n'est pas populaire mais qui est celui d'une élite, sert à la fois à l'accomplissement de la personnalité, à la quête spirituelle et à la propagande idéologique.
Quelques points techniques
La technique de la « calligraphie », ou de la peinture chinoises, qui consiste à manier un pinceau aux poils effilés et flexibles, remplis d'encre, sur du papier fin, souple et absorbant, ne supporte ni retouche ni correction. L'exécution au pinceau ne tolère ni hésitation, ni repentir. L'appréciation porte non sur le résultat fini du tracé ni sur le geste mais sur la qualité du processus créatif dans son entier, qui englobe la méditation-concentration du scripteur et l'effet visuel de son tracé sur le spectateur. Le lecteur peut apprécier l'oeuvre dans sa globalité ou chacun des caractères, voire des traits, le contenu étant considéré comme secondaire. L'écriture chinoise, la seule au monde à être demeurée de type idéographique de ses origines à nos jours, n'est pas un pur décalque de la parole, contrairement aux écritures alphabétiques. Elle est composée de caractères qui représentent chacun un mot à part entière et non d'un alphabet. Le chinois s'écrit traditionnellement en colonnes, de haut en bas et de droite à gauche. En revanche, les traits au sein des caractères chinois sont généralement réalisés de gauche à droite et de haut en bas. Du point de vue esthétique, la calligraphie est l'art du trait par excellence, qui n'est pas une simple ligne géométrique comme elle a pu être conçue en Occident : il doit être dynamique et totalement autonome, c'est-à-dire posséder sa propre vie. À cet effet, la tradition chinoise a développé des méthodes complexes pour tracer un trait élémentaire : composé d'une attaque, d'un développement et d'une fin, pouvant être chacun très varié, le trait est censé exprimer des qualités relativement précises à travers sa plastique. Ainsi, l'épaisseur du tracé, sa tension, sa force, son éclat, dû à la qualité de l'encre, l'organisation des éléments graphiques au sein d'un caractère... produisent une série de différents effets visuels. Ceux-ci sont décrits en chinois de façon très précise pour les initiés à l'aide d'un vocabulaire de type physiologique, en termes de « tendon » - la tension du tracé, qui dépend de la tenue du pinceau - d'« os » - la structure ou la composition, issue de la manoeuvre du pinceau - de « chair » - l'épaisseur du tracé - de « souffle » - l'élan qui relie les traits entre eux - car la composition d'un caractère ou d'une page calligraphiée doit donner l'impression de constituer un corps organique.
Le contrôle du tracé est absolument essentiel dans la manoeuvre du pinceau ; en cela, travailler la calligraphie sert à l'éducation des jeunes générations car elle exige la maîtrise de son geste. Le contrôle du pinceau entend de savoir se servir de sa pointe, mais aussi de ses côtés. La pointe centrée, qui dépend de la tenue verticale du pinceau, est censée donner un tracé puissant et fort, alors que la pointe de côté, due à une hampe du pinceau oblique, a un effet visuel plus charmeur, c'est-à-dire un tracé comportant plus de volutes. La calligraphie inculque le tracé de chaque caractère à partir de formes simples : le trait horizontal, le trait vertical, le trait oblique, le crochet et le point. Ensuite, construire un caractère consiste à composer ces formes simples entre elles, trait par trait selon un ordre prédéterminé, en sorte que chaque caractère apparaisse distinctement et soit lisible. L'écriture chinoise ne se développe pas sur un plan linéaire, contrairement aux écritures alphabétiques, mais en procédant par une succession d'ensembles : comme chacun des caractères est ordonné autour d'un centre et comporte une périphérie, chacun correspond à un monde. Ainsi, le tracé des caractères reflète la façon figurative, simplificatrice et globalisante dont les Chinois appréhendent l'univers, et cette conception est mise en oeuvre et confortée à travers son apprentissage : la construction de chaque caractère permet au scripteur de sans cesse se recentrer dans le microcosme de l'écriture et, par analogie avec la vision macrocosmique, de retrouver sa place dans l'univers.
Alors que la géométrie occidentale découpe l'espace, la composition chinoise repose sur les liens qui unissent les divers éléments de l'espace. Dans cette conception, chaque nouveau trait dépend de celui qui le précède et influe sur celui qui le suit ; chaque élément ne peut être évalué isolément mais seulement dans sa relation avec les autres. Par conséquent, le support, généralement blanc, est employé de façon efficace : au lieu d'être entièrement recouvert comme dans la tradition picturale européenne, il devient un élément signifiant et joue le même rôle en peinture qu'en calligraphie. C'est en effet le support, blanc et vide, par opposition au tracé noir et plein, qui permet aux formes de s'incarner et de répondre les unes aux autres. Dans une page calligraphiée, les espaces blancs entre les traits sont à la fois le lien entre les divers éléments d'un caractère et le vecteur de l'union tissée entre les caractères dans une colonne mais aussi entre les différentes colonnes. D'autant que les calligraphes chinois se réfèrent à des modèles soit manuscrits, tracés en noir sur fond blanc, soit estampés à partir de stèles gravées, ce qui donne un tracé blanc sur fond noir. Ils sont donc habitués à jongler entre espaces blancs ou noirs et à reconstituer mentalement le mouvement du pinceau.
Quelques notions de philosophie
Sur un plan philosophique, le matériel ne peut être distingué du tracé car il constitue un tout cosmologique : l'encre correspond au principe yin - incarnant l'ombre, l'humidité, la féminité, la lune, la souplesse… - mais aussi au chaos originel qui contient tous les possibles. Le papier ou la soie, support blanc, exprime le yang, c'est-à-dire la lumière, la sécheresse, la masculinité, le soleil, la dureté… ainsi que le monde des phénomènes car c'est grâce au support que s'incarnent les figures écrites ou peintes. Le pinceau tenu verticalement établit le lien entre ciel-yang et terre-yin, qui correspond au rôle de l'humain ordonnant les choses entre ces deux forces. Pratiquer l'écriture chinoise revient ainsi à créer un microcosme analogique au macrocosme et non seulement à exprimer un état d'âme.
Dans la tradition chinoise, faire l'expérience d'une oeuvre d'art ne se limite pas à la rencontre d'un objet autonome ayant des qualités esthétiques, idéologiques, morales, religieuses ou didactiques, mais induit la rencontre intime avec son auteur. Le tracé est considéré comme l'empreinte directe du coeur du scripteur sur le support. Ainsi, la description « objective » des oeuvres n'est pas prédominante dans la théorie. Outre le vocabulaire physiologique, les Chinois emploient parallèlement un vocabulaire de type caractérologique pour décrire les oeuvres, assimilées aux qualités de leurs auteurs : elles sont qualifiées de « naturelle, puissante, forte, grave, solennelle, enlevée, tendue, naturelle, gracieuse, élégante, libre, sans contrainte… » pour les qualités ; de « mièvre, jolie, molle, manquant d'os ou de tendon, stéréotypée, superficielle, artificielle, travaillée, contrainte… », pour les défauts. La « beauté » n'est pas un critère qui permet d'évaluer les oeuvres ou les artistes. Le critère de référence est en effet le « naturel », critère à la fois esthétique (philosophique), artistique (technique) et plastique : le naturel désigne un tracé sans effort, qui est qualifié de « sans geste », mais qui respecte les principes d'organisation de la nature. L'absence de geste désigne la capacité à réaliser un tracé sans effort, sans avoir à y réfléchir, qui donne l'effet au spectateur de s'être incarné de lui-même, sans l'entremise du scripteur. Acquérir la maîtrise permettant de parvenir à un tracé « naturel » demande des années d'efforts et de pratique. Ainsi, une oeuvre naturelle peut comporter des ratures, pourvu qu'elle laisse apparaître un souffle, un rythme, une aisance et une fluidité globales, comme le plus grand chef-d'oeuvre de tous les temps, la célèbre Préface au pavillon des Orchidées de Wang Xizhi (303-361).
Les six différents styles
L'écriture chinoise connaît aujourd'hui six différents styles, apparus au cours de sa longue histoire. Le style sigillaire inclut plusieurs formes d'écriture utilisées couramment du IIe millénaire au IIIe siècle avant J.-C. La sigillaire la plus ancienne, écrite sur carapaces et os d'animaux (XXe-XIIe siècles avant J.-C.), puis sur bronze (XIIe-Ve siècles avant J.-C.), enfin sur planchettes de bois et sur pierre (Ve-IIIe siècles avant J.-C.) s'appelle la grande sigillaire. Le terme de sigillaire vient de ce qu'elle est essentiellement employée pour les sceaux. Le premier empire de Qin (qui donna son nom à la Chine, 221-207 avant J.-C.) adopta comme écriture officielle la petite sigillaire, qui servit à unifier les écritures et par là même l'empire. Alors que la grande sigillaire présente des caractères de formes inégales et de tailles variées, la petite sigillaire est un style solennel, très homogène, aux caractères de taille égale, aux traits réguliers et de la même épaisseur, qui incarne l'autorité en place et l'unification de l'empire.
Le style de chancellerie ou écriture des scribes et des fonctionnaires qui se développa sous les Han (206 avant J.-C.-220 après J.-C.), marqua un tournant dans l'histoire de l'écriture, qui devint à cette époque un art à part entière. Aux formes rondes et longues à tracer de la sigillaire, l'emploi généralisé dans l'administration du pinceau souple sur du papier conduisit à préférer des formes carrées et des angles droits. Le style régulier, qui ne se distinguait pas aux IIIe-IVe siècles du style de chancellerie, se développa à partir de celui-ci. Sa forme fut définitivement fixée sous les Tang, au VIIe siècle. Depuis lors, il n'a pas changé, et demeure le style « standard » couramment utilisé de nos jours.
L'écriture cursive est une simplification, une schématisation et une abréviation de l'écriture officielle, pour des raisons de commodité et de rapidité, soit à partir de l'écriture sigillaire sous les Royaumes Combattants (475-221 avant J.-C.), soit de l'écriture de chancellerie sous les Han. Par la suite, on a distingué la cursive ancienne, dérivée de la sigillaire, des formes « modernes » de la cursive, formées à partir de l'écriture de chancellerie puis de la régulière. La cursive atteint son apogée sous les Tang (618-907), au VIIIe siècle, avec la « cursive folle », dont Zhang Xu (675 ?-759 ?) est le plus grand représentant.
Le style semi-cursif prit son essor sous les Han, au IIIe siècle avant J.-C., à partir de l'écriture sigillaire mais il fut fixé sous sa forme développée à partir de l'écriture de chancellerie, au IVe siècle de notre ère, puis de l'écriture régulière, entre les VIe et VIIe siècles. Il connut une grande faveur auprès des calligraphes de toutes les époques.
Ainsi, les différents styles d'écriture n'ont plus évolué depuis les Tang, au VIIe siècle. C'est pourquoi aujourd'hui, de nombreux modèles d'écriture demeurent des maîtres des VIIe et VIIIe siècles. Un bon calligraphe est capable d'écrire dans tous les styles qui se succédèrent chronologiquement.
Fonctionnaires, lettrés, artistes
L'écriture était traditionnellement l'apanage des fonctionnaires lettrés, car elle constituait le fondement des examens impériaux, supprimés au début du XXe siècle ; ceux-ci ne se définissaient jamais comme des artistes mais comme des amateurs, pratiquant les arts à leurs moments de loisirs en sus de leurs obligations officielles. Seule la Chine appelait ces artistes aux plus hautes fonctions, afin de mettre en vue leurs qualités humaines et morales, supposées ou réelles ; leur pratique des « arts », strictement limités à la musique, la poésie, l'écriture et la peinture, les assimile à des personnalités en voie vers l'accomplissement de soi, à des sages ; ils furent d'ailleurs les seuls à théoriser les activités « artistiques », donnant lieu à une véritable tradition littéraire. Les lettrés artistes servent alors à cautionner le pouvoir en place qui emploie à des fins de propagande idéologique leurs « traces » graphiques, autrement dit, leurs oeuvres, incarnant le style d'une dynastie et les valeurs qu'elle prône. Ainsi, les changements formels en calligraphie symbolisent toujours des changements politiques. Nombre d'empereurs ont d'ailleurs eux-mêmes pratiqué la discipline d'écriture.
Par conséquent, seuls les calligraphes « vertueux » - c'est-à-dire dévoués à leurs principes, intègres, inflexibles mais loyaux à l'égard du pouvoir lorsqu'ils le considèrent comme légitime - sont-ils entrés dans le panthéon des maîtres devenus des modèles, fussent-ils extravagants ou irrespectueux envers le pouvoir en place, tels Wang Xizhi, Yan Zhenqing (709-785), Zhang Xu, Mi Fu (1051-1107) et bien d'autres.
Maîtres et disciples
La transmission dans cet art passe par l'enseignement de maître à élève ; le disciple améliore sa personnalité en intégrant, à travers la copie, c'est-à-dire le geste revécu et réactualisé, les qualités du scripteur qu'il a choisi, et qui est généralement un modèle de la dynastie des Tang. Une personnalité un peu timide doit se renforcer à l'aide d'un exemple réputé pour sa force, sa vigueur et son énergie, qui vont de pair avec son honnêteté et son courage, tel Yan Zhenqing dans le style régulier ou standard ou son maître Zhang Xu en cursive ; un élève au caractère trop entier a intérêt à développer sa sensibilité au contact d'un modèle subtil ou fin, au tracé mince et fort, tendu mais généreux, tel celui du moine chan (zen en japonais) Huaisu (725-785), dans le style cursif ou celui de Chu Suiliang (596-658) en régulière. Inversement, un « mauvais » modèle, fût-il formellement parfait, c'est-à-dire une personnalité à la moralité douteuse, doit absolument être évité si l'apprenti ne veut pas être contaminé par ses défauts.
L'appréciation porte ainsi à la fois sur l'oeuvre et sur celui qui l'a réalisée ; en fonction des époques et des dynasties, fut préféré tel ou tel modèle stylistique. C'est l'importance de la responsabilité sociale de l'artiste en tant qu'exemple qui explique la prééminence des classements d'artistes dans les ouvrages théoriques sur l'art de l'écriture - il en est de même en peinture. Les calligraphes sont comparés entre eux, hiérarchisés, et leur apport dans les différents styles d'écriture est précisé aux lecteurs.
De la Révolution culturelle à la Chine contemporaine
Il n'est pas fortuit que Mao Zedong ait lancé la Révolution culturelle en 1966 avec des images le présentant comme un calligraphe tenant un pinceau et démocratisant l'exercice de cet art, l'offrant à la rue sur les « affiches en grands caractères » ou dazibao. L'art et la pensée des lettrés, assimilés à l'ancien régime, étaient considérés depuis le début du XXe siècle et de la République chinoise comme la cause de la décadence de la Chine et de son asservissement aux puissances occidentales. Le régime communiste, parvenu au pouvoir en 1949, rejeta à son tour l'art lettré, tout en « popularisant » sa pratique. La tradition lettrée ne fut cependant jamais interrompue car elle se transmettait traditionnellement de façon initiatique, de maître à élève ; pendant la Révolution culturelle et la répression contre les « droitiers » et les anciens lettrés, si nombre d'entre eux furent persécutés, beaucoup continuèrent néanmoins à former des élèves, en particulier dans les régions reculées. C'est ainsi que, depuis les années 1980, ont été redécouverts, ou réhabilités grâce à leurs anciens disciples, de très grands artistes, appartenant à la tradition des lettrés, peintres ou calligraphes. Aujourd'hui, il est indispensable pour un homme politique d'appartenir à l'Association des calligraphes de Chine s'il veut obtenir quelque considération de la population.
Si l'écriture au pinceau est devenue aujourd'hui par la force des choses un art à part entière, comparable à la peinture ou à la musique, puisqu'elle n'est plus l'outil indispensable à l'administration, reste qu'elle demeure partout prégnante : enseignes des magasins, publicités lumineuses, entrées de tous les bâtiments officiels, des monastères, des hôtels, intérieurs des maisons, mais encore falaises, rochers, pilastres des jardins et des bâtiments, ponts, routes, champs bordés de stèles… sont couverts de caractères écrits antiques ou modernes ; la totalité de l'espace chinois est marquée par la présence de toutes formes d'écritures. La calligraphie est de nos jours pratiquée tant par les enfants que par les personnes à la retraite, pour le plaisir ou pour participer à des concours, selon une tradition toujours extrêmement vivace.
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